Tristes Histoires

Durant la Révolution Française de 1789, Marie-Pauline de Monestay-Chazeron vit en région parisienne. Petite, laide et bossue, elle a un cœur d'or. Elle est Duchesse de Cerest et Forcalquier du chef de son mari Louis Albert de Brancas, grand d'Espagne et paire de France. Elle est très fortunée. Le célèbre Commissaire Couton fait apposer les scellés sur les portes de Chazeron après en avoir fait l'inventaire exhaustif des meubles, biens et objets. L'apprenant, Marie-Pauline, âgée de quatorze ans, revient de Paris et rencontre le citoyen Commissaire dans son tribunal au risque d'y perdre la tête. A l'issu de cette audience, les scellés seront levés et Marie-Pauline retrouvera l'intégralité de ses possessions. Le seul dommage subit par le château à cette époque reste le burinage des grandes armoiries médiévales d'Oudart V.

chateau-de-chazeronEn 1909, le château est vendu par la famille Woldemar, Marquis de Sinéty en Provence, neveu de Marie-Pauline. Le nouvel acquéreur, Monsieur Marnier, distillateur célèbre, va résider une vingtaine d'années lors de ses séances de cure à Royat. Le site est déjà en mauvais état, les couvrements refaits à la fin du XIXème siècle sont a nouveau en travaux ainsi que plusieurs parements en pierre, des perrons et galeries. Marnier se sépare de Chazeron et emporte l'essentiel des meubles, les tapisseries, des portraits et des collections. Il vend le château à un de ses amis, Monsieur Léonzon-le-duc. Anticlérical notoire, il revend ou fait démonter tout ce qui est symbole de religion. Il n'y restera que très peu de temps et ne fera aucun  travaux nécessaires. Il revend le château à Monsieur Coulon, Maire de Pont-du-Château et Monsieur Gras, son associé, chiffonnier en gros de son état. Commence alors une phase de démantèlement impitoyable. Presque toutes les boiseries sont arrachées et vendues, ainsi que les miroirs Saint-Gobain, cheminées, plaques de cheminées, chenet, balustrades en pierres des jardins, grilles en fer forgé du parc, platine des paratonnerres.

La seconde guerre mondiale transforme Vichy en capitale et Chazeron en prison politique.Seront enfermés en 1942 et durant une période d'environ six mois, les célèbres accusés du procès de Riom, Léon Blum, Georges Mendel, Paul Raynaud, le général Gamelin et Edouard Daladier. Le château est alors chamboulé pour recevoir ces hôtes de prestige. Miradors perçant les mansardes, réseau d'éclairage nocturne dénaturant les façades, menant en pierres brisées et remplacé par des barreaudées et cloisonnement. Intérieur en brique, crépis au ciment brut, arrachement des jardins à la française transformés en champs de patates. L'état du château est tel qu'on s'en émeu, et l'ensemble est protégé au titre des monuments historiques le 2 Juin 1944. A la fin de la guerre, le château est restitué à ses propriétaires, Messieurs Coulon et Gras. Ces derniers font scier chênaies et châtaigneraies du XVIIème siècle, couvrant l'ensemble de la butte de Chazeron et classées avec les murs. L'état met les propriétaires en prison, les dépossède de Chazeron et installe des gardiens, nous sommes dans les années 50. Ces derniers à peu prés maîtres du lieu, vont piller ce qu'il reste à piller, vitraux, pierres armoriées, portes à plis gothique, etc... . L'état ne sait plus que faire de Chazeron et trouve comme seule solution, la mise en vente publique afin de s'en débarrasser au mieux.

Renouveau

chateau-de-chazeron-renovationEn 1965, Roger BRUNY et Michel MANGEMATIN, jeunes architectes, souhaitent installer leur agence au sein d'un centre culturel. Après avoir élaboré un projet impossible à réaliser et fort de la loi MALRAUX de 1962 qui défiscalise les monuments protégés, ils se décident à acheter un monument historique. Ils ont le choix entre les Châteaux de Cordes et Chazeron. Malgré des travaux beaucoup plus importants à Chazeron, ils tranchent en faveur de ce dernier. Le bien est acquis en fin d'année. Il faut que le château soit le plus vite possible autonome et subvienne à ses besoins, il est donc nécessaire d'ouvrir ses portes aux visiteurs et d'exploiter ses salles pour des soirées privées. Immédiatement, des campagnes de restauration importantes débutent afin de répondre à ces deux objectifs essentiels, outre le fait qu'il doit servir également de résidence principale . Depuis près de 50 ans, les travaux se succèdent sans relâche car le mal était pire que ce qui était imaginable puisque certains bâtiments ont nécessité leur démontage avant reconstruction. . D'autres ont nécessité une reconstruction complète . D'autres encore se sont effondrés depuis alors qu'ils étaient utilisés. Ces campagnes lourdes de sauvetage, reconstruction, restauration ou entretien ont été menées en même temps qu'une vie culturelle intense. L'association CRISTAL (Centre de Recherche et d'Information Scientifique, Technique, Artistique et Littéraire) a était constituée dans le but d'organiser et de promouvoir expositions, spectacles et stages dans tous les domaines de l'expression. Le château de Chazeron à accueilli des expositions de Picasso, Vasarely, Le Corbuziers, etc... ou des expositions plus rares comme la dernière exposition vente de Pierres sculptées préhistoriques, le théâtre d'ombre de Bali, etc... . Un festival de poésie à vue le jour dans les années 70. Music Université a construit des stages d'été à l'issu duquel des soirées de concerts ont été présentées dans les années 80. Suite à ces différentes expériences et aventures culturelles, Philippe MOUGEL et Raphaël BRUNY épaulés par Marcel COL et Bernard MAUME ont créé en 1987 un festival pluridisciplinaires "Les soirées de Chazeron". Ces festivités avaient pour objectif initial de présenter une représentation artistique diversifiée et de servir de support à des acteurs locaux. Durant plus de vingt ans, concerts, poésie, théâtre, danses, expositions et actions culturelles ont fait vibrer les lieux. Le Wakan théâtre est né au château de Chazeron. Il faut noter aussi la réalisation des deux films ("Les colonnes du ciel" 1  inspiré d'un roman de Bernard CLAVEL, "Blum à l'échelle humaine" 2  réalisé par Monsieur RUTHMAN et produit par la SFP) et d'une série télévisé ( "L'alphoméga").

La visite du lieu qui à l'origine était libre a été réorganisée pour faire comprendre au public que si l'architecture de ce château a évolué dans le temps et l'histoire, c'est parce qu' il a été habité par des gens qui en avaient la garde et la nécessité d'y vivre. En conséquence, la visite est devenue chronologique et elle offre un panorama des origines obscures jusqu'à la renaissance du vingtième siècle

Références


  1.  Les colonnes du ciel sur  wikipédia 
  2. à échelle humaine (Léon Blum) sur wikipédia 

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